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Interview
d'Azad, porte-parole du Comité Central du Parti
Communiste d'Inde (Maoïste)
au sujet des développements actuels au Népal, avril
2008 |
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Q: Les résultats des élections de l'Assemblée
Constituante du 10 avril au Népal ont donné des résultats
largement en faveur des maoïstes, un développement qui n'a
pas été anticipé même par les meilleurs observateurs.
Comment est-ce que votre Parti en Inde, le PCI (Maoïste), voit les
résultats des élections au Népal?
Azad: Comme cela est dit dans le communiqué de presse de
la part du comité central de mon Parti la semaine dernière,
le résultat des élections au Népal ont montré
que la colère inébranlable des masses contre la domination
monarchique féodale dépassée au Népal, contre
les intimidations des expansionnistes indiens et leur domination du Népal,
contre la domination et l'oppression US, contre les partis compradores-féodaux
qui ont permis à cela de continuer et ont trop longtemps trahi
les masses.
Les résultats sont un reflet des aspirations grandissantes des
masses népalaises pour la dmocratie, la terre, les moyens d'existence
et la vraie libération de l'exploitation impérialiste et
féodale. Ce sont ces aspirations de la très grande majorité
des masses qui ont totalement démoli les partis qui ont soutenu
le roi et/ou les classes dominantes indiennes ou ont hésité
à s'exprimer fermement contre l'oppression féodale, impérialiste
et l'intervention indienne au Népal.
Les royalistes n'ont pas pu gagner ne serait-ce qu'un siège des
240 sièges de la constituante où il y a eu des élections
directes. Et des dirigeants de la prétendue majorité comme
Madhav Nepali, Sujata Koirala, ont été totalement rejetés,
ce qui a été un grand choc pour les classes dominantes.
Ainsi, quand une alternative comme le PCN (M) vient au premier plan, avec
sa volonté ouverte d'abolir la monarchie féodale une fois
pour toutes, d'abroger tous les traités inégaux signés
avec l'Inde par les anciennes classes dominantes du Népal, et d'assurer
la démocratie et l'égalité pour toutes les couches
opprimées de la société comme les Dalits [intouchables],
les adivasis [aborigènes], les minorités nationales et les
femmes, les masses se sont tournées de manière enthousiaste
vers les maoïstes.
Pour le dire en un mot, le peuple du Népal s'est résolument
prononcé contre la monarchie constitutionnelle, contre l'expansionnisme
indien et contre l'impérialisme US ; le résultat des élections
reflète les aspirations grandissantes des masses népalaises
pour la terre, les moyens d'existence et la démocratie. Notre Parti
voit le résultat des élections au Népal comme un
développement positif avec une signification énorme pour
le peuple de toute l'Asie du Sud. Nous envoyons nos salutations révolutionnaires
au peuple du Népal pour avoir rejeté complètement
la domination monarchique et les partis féodaux-compradores durant
les élections du 10 avril élisant l'Assemblée constituante.
Ces résultats soulignent les aspirations réelles du peuple
népalais et doivent servir de guide au PCN (M) pour le futur cours
de son action.
Q: Quelles sont selon vous les raisons pour les impressionnants
résultats en faveur des maoïstes aux élections de
l'Assemblée constituante au Népal?
Azad: Il y a six raisons principales:
Premièrement, les masses du Népal en avaient assez de
la domination autoritaire et autocratique du Roi Gyanendra. Une monarchie
constitutionnelle est en effet bien un anachronisme au 20ème
siècle, sans parler du 21ème. En fait, le peuple du Népal
a trop longtemps supporté une domination féodale aussi
réactionnaire, aussi pourrie. Et quand il y a l'opportunité
de la renverser, ils l'ont fait. Il n'y a eu jamais une telle opportunité
durant les élections auparavant, comme tous les partis parlementaires
étaient soit loyaux vis-à-vis du Roi soit ne menaient
qu'une opposition purement formelle au Roi. Il n'y a que le PCN (Maoïste)
qui a montré son ferme engagement à abolir la monarchie
une fois pour toutes et est apparue sur le devant de la scène
comme alternative aux partis bourgeois-féodaux.
Deuxièmement, les masses en avaient assez de la brutalité,
de l'intervention et de la domination de l'expansionnisme indien. Il
y a une atmosphère générale de suspicion concernant
les motifs des classes dominantes indiennes au Népal. Le peuple
du Népal a souffert trop longtemps des traités odieusement
inégaux signés par les dominants successifs du Népal
avec le gouvernement indien, comme le traité de paix et d'amitié
indo-népalais de 1950, le traité Mahakali, etc. Les dominants
indiens ont toujours eu un oeil sur les richesses naturelles du Népal,
ses réserves naturelles riches en gaz, son potentiel hydro-électrique,
ses productions forestières, etc. A côté de l'exploitation
impérialiste, de l'oppression et du pillage, la bourgeoisie compradore
bureaucratique indienne est également un obstacle au développement
de l'industrie locale et du commerce locale. En plus de cela, les classes
dominantes indiennes ont continuellement interféré dans
les affaires politiques du Népal.
Elles ont soutenu la monarchie durant tout ce temps et ces dernières
quelques années ils ont mis en place la théorie des soit
disant deux piliers consistant à soutenir le Roi en même
temps que le Congrès Népalais.
Ils ont formé, donné des armes à l'Armée
Royale du Népal, et ont envoyé toutes sortes d'aides pour
contenir les révolutionnaires maoïstes au Népal.
Tous ces actes méprisables n'ont fait que nourrir la rage des
masses contre le gouvernement indien. Maintenant, alors qu'il y a une
opportunité qui se présente à elles sous la forme
du PCN(M) elles votent naturellement pour lui, ce qui doit être
vu comme un vote contre la domination indienne. Aucun des autres partis
n'a eu les tripes de se confronter à l'Inde. Il n'y a eu que
le PCN(M) qui a catégoriquement assuré le peuple qu'il
mettrait fin à tous les traités inégaux avec l'Inde,
bannirait les films hindis obscènes, stopper le recrutement des
Gurkhas dans l'Armée indienne et leur fournirait un emploi alternatif,
etc.
Troisièmement, les masses du Népal en avaient assez de
l'exploitation, de l'oppression et de l'intervention des impérialistes
US. Durant tout le règne du Roi Gyanendra et même jusqu'à
aujourd'hui après l'humiliante défaite des partis loyalistes
aux élections, les impérialistes US ont été
à ses côtés fournissant toutes les aides pour perpétuer
son règne et pour brutalement supprimer les maoïstes. Ils
ont mis le PCN(M) sur leur liste de groupes terroristes. C'est une grave
insulte pour le peuple du Népal qui voit cela comme une immixtion
injustifiée dans les affaires du Népal. En soutenant le
Roi discrédité, les impérialistes US se sont encore
davantage discrédités et sont haïs par même
par ceux qui n'avaient pas de conscience anti-impérialiste ou
ne s'opposaient pas à l'impérialisme US, comme ils voient
qu'ils sont un protecteur de la monarchie féodale.
Quatrièmement, les promesses faites par le PCN(M) d'établir
un Népal démocratique, fédéral, laïc,
avec la liberté, la démocratie et l'égalité
pour toutes les couches opprimées de la société
comme les Dalits [intouchables], les adivasis [aborigènes], les
minorités nationales et les femmes, ont eu un impact électrique.
Pour la première fois, les couches opprimées ont reçu
une attention considérable lors des élections. Dans de
telles conditions, les masses opprimées se sont exprimées
de manière enthousiaste dans un soutien aux maoïstes. Il
est considéré, quelque chose d'inimaginable pour un pays
féodal comme le Népal, que la participation des femmes
était égale ou même plus grande que celle des hommes.
Cinquièmement, le plus important facteur est l'impact positif
créé par la guerre populaire, longue d'une décade,
dirigée par les maoïstes, sur la balance générale
des forces au Népal. Les maoïstes ont établi le contrôle
sur presque les trois-quarts du Népal rural. Par les gouvernements
révolutionnaires populaires dans les campagnes, ils ont mené
plusieurs réformes qui ont rapproché les masses d'eux.
La plupart des partis sont ainsi devenus sans valeur aux yeux du peuple.
L'impact du combat armé ne devrait pas être sous-estimé.
Par exemple, même en Inde si nous regardons, le Parti Communiste
uni avait obtenu une majorité écrasante (31 sièges
sur 32) lors des élections parlementaires de la région
du Telangana en 1957. Cela a eu lieu malgré le fait que le PCI
avait cessé la lutte armée dans le Telangana, tellement
l'impact de la lutte agraire armée anti-féodale était
fort sur le peuple du Telangana. Enfin, même s'il s'agit d'un
facteur moins important, il doit être fait mention du soutien
des capitalistes locaux et d'une partie des commerçants qui,
même s'ils sont opposés aux maoïstes en général,
pensent que les amener au pouvoir est la seule garantie de la paix au
Népal. Ils craignent que les maoïstes reprennent les armes
s'ils sont battus aux élections.
Les capitalistes locaux et les petits commerçants aspirent à
la croissance et à se développer dans une atmosphère
libre de l'hégémonie et de l'étranglement du capital
impérialiste et du capital expansionniste indien.
Q: Maintenant que les maoïstes sont arrivés au pouvoir,
seront-ils en mesure de réaliser leurs promesses?
Azad: C'est la plus difficile des questions à répondre.
Le problème immédiat pour les maoïstes est d'assurer
une coalition de forces qui peut atteindre la majorité des deux-tiers
à l'Assemblée constituante, afin d'incorporer leurs réformes
radicales dans la nouvelle Constitution. Mais pour obtenir la majorité
des deux-tiers ils doivent se reposer sur des parties réactionnaires
compradores-féodaux comme le Congrès Népalais et
l'UML [Parti Communiste du Népal (Marxistes-Léninistes
Unifiés)] social-démocrate.
Il va sans dire qu'il est impossible de mener à bien les réformes
promises avec une telle combinaison gloubi-boulga de forces. Ces partis
dans la coalition ne voudront pas être une partie du programme
des maoïstes et de plus essaieront de subvertir tout changement
radical visant à réduire leurs propres intérêts
de classe.
C'est un principe fondamental du Marxisme qu'aucune restructuration
radicale du système n'est possible sans la mobilisation militante
des vastes masses dans une âpre lutte de classe. Il est impossible
de faire des changements authentiques dans le système au moyen
de mesures initiées « par en haut », c'est-à-dire
par des décrets et des lois étatiques. Quel que soit le
parti au pouvoir, y compris les maoïstes les plus radicaux, il
est seulement au mieux possible de faire des lois, mais pour les rendre
effectives il est impératif de mobiliser les masses et de faire
avancer la lutte de classe contre les exploiteurs et les oppresseurs.
Sans cela, la libération de la vaste majorité des pauvres
est une tâche impossible. Et pour le PCN(M), même promulguer
les lois tellement promises sera une tâche quasi impossible vu
la coalition présente à l'Assemblée constituante.
Aucune classe dominante n'abandonne le pouvoir sans mener une âpre
lutte de classe et mener des activités contre-révolutionnaires
contre la classe opprimée. Ainsi, la lutte pour le pouvoir, réelle,
âpre et la plus cruelle se se développera bientôt,
après les élections.
Les réactionnaires s'opposeront au moindre changement. Et, en
l'absence d'une majorité à l'Assemblée constituante,
les maoïstes seront sans pouvoir pour qu'il y ait des changements
radicaux dans la Constitution. Soit ils auront à faire des compromis
et s'ajuster avec une section des forces réactionnaires, sacrifiant
par là les intérêts de classe des opprimés,
intérêts au nom desquels ils sont arrivés au pouvoir,
ou bien ils auront à mobiliser le peuple et intensifier la lutte
par tous les moyens, y compris l'insurrection armée, afin de
mettre en application la démocratie authentique et d'établir
le pouvoir du peuple.
Il n'y a pas d'autres alternatives.
Nous ne devons pas oublier les expériences de l'Indonésie,
du Chili, du Nicaragua et d'autres pays où les Partis Communistes
sont arrivés au pouvoir mais ont été soit brisés
par des coups contre-révolutionnaires accompagnés de massacres
contre-révolutionnaires de cadres communistes, soit rejetés
du parti [dominant] dans de prétendues élections comme
dans le cas du Nicaragua. L'expérience du Nicaragua est très
significative dans le contexte de la prétendue démocratie
multi-parti.
Q: Comment envisagez-vous le futur du Népal? Quel scénario?
Est-ce que l'Inde et l'impérialisme US s'adapteront à
la nouvelle réalité apparue au Népal et soutiendront
le gouvernement maoïste ou bien créeront-ils des obstacles?
Azad: Nous serions au paradis des fous si nous pensions que l'Amérique
impérialiste et l'Inde expansionnistes seront à l'aise
avec les maoïstes au pouvoir au Népal, ou qu'ils s'adapteront
à la nouvelle réalité. Bien qu'ils devront nécessairement
continuer les relations diplomatiques, ils continueront également
à créer une situation contrariante pour le nouveau gouvernement,
s'il n'obéit pas à leurs diktats. Le fait est que les
USA ont fourni toute leur aide à leurs partis larbins au Népal
pour défaire les maoïstes. Ils ont tout fait pour maintenir
en vie la monarchie, comme le Roi était le pilier le plus sûr
pour leur domination indirecte au Népal. En ce qui concerne l'Inde,
elle a reçu un coup au visage quand son larbin en chef, GP Koirala
et son parti du congrès népalais, a subi une défaite
ignominieuse.
La plupart des fidèles partisans du congrès népalais
ont été cassés et balayés par la marée
de la rage populaire, vu que leurs accords traîtres avec l'Inde
étaient devenus bien connus du peuple népalais. Cependant,
l'Inde a gagné sur un autre front. Dans la région du Térai,
elle a soutenu deux partis Madhesis [peuple de la région] qui
ont gagné un nombre considérable de sièges, avec
le soutien de l'Inde. L'Inde va utiliser cet atout pour créer
des troubles au Népal, si le nouveau régime ne suit pas
sa ligne.
Le Madhesi Janadhikar Forum (MJF), dirigé par Upendra Yadav,
a déjà exigé que les maoïstes s'expriment
clairement quant à leur demande d'une autonomie Madhesi (Ek Madhes
Ek Prades) et a demandé aux maoïstes d'abandonner leurs
relations avec des forums internationaux comme le MRI et le CCOMPOSA.
A la fois les USA et l'Inde tenteront pas différents moyens d'amener
le nouveau gouvernement à suivre leur ligne. Ils peuvent, par
exemple, frapper l'Inde au ventre, son économie, en paralysant
la production industrielle, en bloquant le commerce et les lignes d'approvisionnement,
créant ainsi des famines et des manques de produits de consommation;
en d'autres termes ils peuvent presser le Népal par un blocus
économique. Ceci serait fait s'il est considéré
que le nouveau régime va trop loin.
La situation au Népal est déjà trop délicate
avec presque dix heures de coupures de courant même dans la capitale
Katmandou et une pénurie de tous les biens essentiels. Ses puissants
voisins peuvent modifier l'équilibre par le chantage économique
qui pourrait amener à l'augmentation des révoltes sociales
et à des protestations massives contre les maoïstes. Une
pénurie aiguë des biens essentiels et des prix qui grimpent
peuvent amener un désenchantement vis-à-vis du nouveau
régime et une baisse de sa popularité, donnant par là
l'opportunité aux partis discrédités de se ré-établir.
Ainsi, la situation au Népal va rester extrêmement délicate
et instable, même si les maoïstes ont obtenu une impressionnante
victoire électorale. Les camarades Prachanda et Bhattarai le
savent bien et ainsi ont appelé à la coopération
de l'Inde. Ils ont affirmé sans relâche qu'il n'y aurait
pas de stabilité au Népal sans la coopération de
l'Inde.
Le fait que le Népal soit un petit pays pris en sandwich entre
deux voisins grands et puissants, l'Inde et la Chine , et qu'il soit
la cible des impérialistes US, rend la gouvernance une proposition
assez difficile. Pour cela, nous ne devrions pas trop voir dans la victoire
électorale des maoïstes au Népal. Les maoïstes
font face à une tâche extrêmement difficile eu égard
à l'équilibre de toutes ces forces et le fait de continuer
leur agenda populaire par les réformes agraires et l'industrialisation
locale, vers une économie de nouvelle démocratie.
Q: Ainsi, vous voulez dire que la victoire électorale
des Maoïstes et leur prise du pouvoir d'Etat par la voie parlementaire
est un exercice futile, et que cela ne peut pas amener le changement
radical désiré dans le système social?
Azad: Je ne veux pas exactement dire cela. Le contrôle
du pouvoir d'Etat, s'ils peuvent réellement contrôler,
donnent aux Maoïstes un moyen de défendre les acquis accumulés
durant les longues années de la guerre révolutionnaire
et d'amener des changements radicaux dans le système social.
Mais cela ne peut pas être réalisé par un type d'Etat
qui est tombé dans les mains des Maoïstes comme c'est le
cas à présent. En fait, même dans les révolutions
classiques comme en Chine, où les révolutionnaires communistes
ont pris le pouvoir par une révolution armée, Mao a averti
du danger de la formation d'une nouvelle classe sur la base de leurs
positions dans la machine d'Etat. Après Mao, l'Etat a dégénéré
en une machine d'oppression et de répression des vastes masses.
La leçon que nous Communistes avons apprise de cette expérience
est que le Parti doit se concentrer sur l'organisation des masses et
leur mobilisation, pour se rebeller contre tous les types d'injustice
et d'exploitation perpétrés par l'Etat et les bureaucrates
du Parti. Au Népal, où les Maoïstes sont arrivés
au pouvoir en alliance avec une partie des classes réactionnaires
dominantes, il est même une tâche encore plus urgente pour
les Maoïstes que de continuer la lutte des classes en organisant
les masses contre toutes les formes d'exploitation et d'oppression.
A ce niveau, la Ligue de la Jeunesse Communiste semble avoir effectué
un travail louable et est ainsi haï par les autres partis.
Dans la mesure du possible, les Maoïstes doivent utiliser leur
contrôle relatif de l'Etat pour aider les masses dans leur combat
pour la liberté, la démocratie et les moyens d'existence.
Mais il serait illusoire de percevoir l'Etat comme un instrument amenant
un changement fondamental dans la vie des gens. Ce changement fondamental
ne peut être réalisé que par la continuation de
la lutte des classes pour qui l'Etat peut, tout au mieux, rendre quelque
service.
Q: Sitaram Yechuri du PCI (Marxiste), parmi d'autres, a dit
que les Maoïstes d'Inde doivent apprendre des expériences
au Népal et suivre la voie parlementaire vers le pouvoir. Que
dit votre Parti à ce sujet?
Azad: Pourquoi que Yechuri? Même les Directeurs Généraux
de la police du Jharkand, de l'Andhra Pradesh et d'autres Etats où
le mouvement maoïstes est fort avaient déjà dit cela.
Les dirigeants des partis des classes dominantes réactionnaires
n'ont cessé de mettre en avant ce thème depuis que les
révisionnistes participent aux élections dans notre pays.
Certains comme l'ancien chef de la section Recherche & Analyse [des
services secrets] Thorakan ont dit que la victoire maoïste au Népal
aurait un effet démonstratif sur les maoïstes en Inde. Tout
d'abord, ceux qui disent cela oublient que les situations au Népal
et en Inde sont complètement différentes.
Au Népal, la tâche politique immédiate vis-à-vis
des entières masses népalaises était une lutte
contre la monarchie, lutte dont les circonstances ont amené à
une certaine unité parmi les partis parlementaires et de larges
couches du peuple. Le Roi lui-même, avec la supervision active
et l'aide de l'impérialisme US, a créé une situation
où toutes les forces ont dû serrer les rangs et engager
une lutte pour la démocratie. Le fait que même pas 2% de
la population népalaise soutenait la monarchie, comme l'a révélé
un sondage de 2008, montre que la base pour une telle lutte unie du
peuple népalais et le PCN(M) a utilisé une telle situation.
En Inde, c'est une lutte contre un système social semi-colonial,
semi-féodal, dont le système parlentaire est une partie
et une composante. Toute les principaux partis parlementaires sont les
représentants des classes compradores-féodales, obéissent
aux diktats des impérialistes, et sont ainsi dans le camp contre-révolutionnaire.
Ici, la tâche immédiate est la lutte pour la terre, les
moyens d'existence et la libération de la vaste majorité
des masses. Même au Népal, pour réaliser cela, la
lutte des classes doit être menée et le parlement peut
faire difficilement plus qu'atténuer les souffrances des masses.
Maintenant, avec le départ du Roi, quand les véritables
questions avec lesquelles le peuple se confronte passent au premier
plan, il ne faudra pas beaucoup de temps avant qu'ils ne réalisent
cette loi universelle. Les Yechuris [Sitaram Yechury, responsable international
du PC d'Inde (marxiste)], Karats [Prakash Karat, secrétaire général
du PCI (marxiste)] et Buddhadebs [Buddhadeb Bhattacharya, responsable
bengali du PC d'Inde (marxiste)] ont plus de 40 années d'expérience
d'insalubrités parlementaires. Mais quels changements fondamentaux
ont-ils amené dans le système? Leur crétinisme
parlementaire n'ont rien fait de bien pour les masses. Les riches sont
devenus plus riches et les pauvres plus pauvres, même dans les
Etats où ces révisionnistes ont été au pouvoir.
Sans leur soutien le gouvernement UPA [Alliance Progressiste Unie] conduit
par Manmohan Singh n'aurait pas osé mené ses politiques
anti-populaires. Ils se sont correctement appelés un «chien
aboyant qui ne mord pas». Ils sont d'accord sur le fait qu'ils
sont impuissants à faire quoi que ce soit à part «casser
le rythme», comme l'a dit un de leurs porte-paroles, dans
le courant de leur attaque anti-populaire avec au centre le gouvernement
UPA. Le fait est qu'ils ne sont pas simplement là pour «casser
le rythme.» En fait ils agissent comme des spéculateurs
politiques agissant entre les vastes masses et les dominants réactionnaire,
essayant d'amener une harmonie de classe au lieu de la lutte des classes.
Dans les Etats où ils sont directement au pouvoir, ils sont devenus
des exploiteurs et des oppresseurs, pas moins que le [parti du] Congrès
et le BJP. Singur et Nandigram [au Bengale occidental] sont leurs laboratoires
pour mener leurs politiques pro-impérialistes, pro- big business
comprador. Et en cela ils sont devenus même encore plus brutaux
grâce à la vaste armée de gangs social-fascistes
à leur disposition. Ces prostituées politiques manipulent
une théorie après l'autre, comme «le pire mal
contre le moindre mal», comme quoi ils n'ont pas le pouvoir
de stopper les Zones Economiques Spéciales à travers le
pays, à moins bien entendu qu'ils n'arrivent au pouvoir au centre
pour justifier un temps leur collusion avec le [parti du] Congrès,
puis avec le TDP [Telugu Desam Party, Parti pour le pays et le peuple
télougou], et autre pitreries. Mais dans le même souffle
ils disent de manière hypocrite que sans les Zones Economiques
Spéciales, les privatisations, les investissements étrangers,
etc., le Bengale occidental et le Kérala ne peuvent pas continuer
leur industrialisation, etc. Pas étonnant que le Capital impérialiste
et comprador soit très impressionné par les performances
de la «gauche» indienne.
L'industriel NRI [Indien non résident en Inde] Lord Swaraj Paul,
président du groupe Caparo qui est en train de mettre en place
une unité de production à Singur, a largement félicité
le PCI (Marxiste) et son dirigeant Buddhadeb lors de sa visite au Bengale
occidental en tant que chef de file d'une délégation de
la branche du Royaume-Uni de l'association parlementaire du Commonwealth.
Ces sociaux-fascistes sont maintenant devenus les gentils-garçons-aux-yeux-bleus
de la Banque Mondiale , des Tatas, des Salems, des Swaraj Pauls [=grandes
familles compradores] et le peuple d'Inde ne s'en sortira pas mieux
sous un gouvernement du PCI (Marxiste) qu'avec un du centre. Il n'y
a pas à être surpris qu'ils ont demandé aux Maoïstes
indiens de suivre leur ligne.
Notre Parti pense fermement qu'un changement essentiel dans ce système
ne peut pas être obtenu par la voie parlementaire, mais bien par
la lutte des classes. Dans notre pays, elle prend la forme de la guerre
révolutionnaire agraire. Nous, évidemment, ne rejetons
aucune forme de lutte et d'organisation à côté de
la lutte armée et de l'organisation armée, et vous avez
vu cela si vous avez observé avec attention notre mouvement.
Ceci n'a pas de conséquence sur notre Monsieur Yechuri qui ne
rêve que de sièges au Parlement comme toute autre parti
de la classe dominante. Nous, à l'opposé, invitons quiconque
est opposé à l'impérialisme, au féodalisme,
au capitalisme bureaucratique compradore et aux politiques néo-libérales
des classes dominantes réactionnaires d'Inde, d'avancer pour
lutter dans une lutte militante unie au lieu de perdre leur temps dans
un Parlement anti-populaire et impuissant et agir comme lobbyistes ou
personnes d'influence. Pour des petits chefs révisionnistes comme
Yechuri, qui sont enlisés jusqu'au coup dans le bourbier du parlementarisme
et du lobbying bourgeois, une telle alternative révolutionnaire
est naturellement un anathème.
Q: Prachanda avait dit qu'il serait le premier Président
de la République du Népal, mais il y a quelques jours
il a changé de fusil d'épaule et déclaré
qu'il présiderait le conseil des ministres. Pensez-vous qu'il
soit correct, pour n'importe qui dans le Parti Communiste, d'être
en même temps à la tête du gouvernement, chef du
Parti et de l'armée?
Azad: Nous avons également vu ses déclarations
à ce sujet. Il dit toujours qu'il veut être le Président
si cela est acceptable pour tous, c'est-à-dire de manière
consensuelle. En tant que telle, l'actuelle Constitution du Népal
n'a pas de base pour un Président Exécutif. Cela prendra
deux années de plus à l'Assemblée Constitutante
pour adopter un nouveau projet de Constitution et pour en arriver à
une décision finale à ce sujet. Ainsi, le camarade Prachanda
peut avoir reconsidéré sa décision passée
et décidé de devenir le Premier Ministre. Maintenant,
la question n'est pas de savoir le chef du Parti devrait être
le Président ou le Premier Ministre. Nous avons ici une divergence
d'opinion. Nous pensons que le chef du Parti ne devrait être ni
l'un, ni l'autre. Lui/Elle devrait se concentrer sur le développement
de la lutte des classes et non pas être immergé dans l'administration
de l'Etat. Si nous croyons que le rôle du Parti est de continuer
la lutte des classes jusqu'à l'étape finale, le communisme,
alors on peut comprendre notre point de vue.
L'histoire des révolutions a montré qu'une fois que le
Parti a mené la révolution à sa victoire finale
il pose également la base pour le développement d'une
nouvelle classe du Parti et de bureaucrates d'Etat. Quand le Parti et
l'Etat fusionnent complètement, alors il est terriblement difficile
de combattre le développement de la classe bureaucratique et
de mobiliser le peuple contre les choses mauvaises faites par l'Etat.
Ainsi, il est vraiment essentiel que les dirigeants du Parti restent
avec les masses, les organisent et les guident contre chaque et toute
forme d'exploitation et d'oppression.
Au Népal, cela est même encore plus crucial alors que les
maoïstes doivent partager le pouvoir avec une partie des classes
compradores-féodales. Qui doit diriger un gouvernement, ou tout
autre organisme, c'est au Parti de décider. Historiquement les
dirigeants du Parti ont été aux plus hautes positions
des gouvernements, comme en Chine et le Parti Communiste de Chine, ou
même ailleurs. Ce n'est pas à nous de formuler un jugement
quant au fait d'adjuger les responsabilités des cadres ou dirigeants
en ce qui concerne un autre parti. Seulement, une des leçons
les plus importantes de la GRCP [Grande Révolution Culturelle
Prolétarienne] a été que, quelle que soit la séniorité
d'un camarade, il ne doit pas perdre sa liaison aux masses. Ils ne doivent
pas être au-dessus de masses et devenir comme des bureaucrates
bourgeois, mais être au contraire accessibles aux masses et intégrés
en elles.
Q: Prachanda and Bhattarai ont déclaré leur souhait
d'inviter les Fonds d'Investissements étrangers et de crée
un environnement business-friendly [amical avec les entreprises] au
Népal. Ils disent aussi qu'ils encourageront le capitalisme.
Est-il correct pour un parti Maoïste d'inviter les investissements
étrangers et de développer le capitalisme?
Azad: Nous devons tout d'abord comprendre la réalité
du Népal. C'est un pays semi-féodal, extrêmement
arriéré, qui manque du minimum d'infrastructure et de
production industrielle. C'est une composante du Quart Monde, si l'on
peut appeler cela comme ça.
Les Nations Unies l'ont mis dans la catégorie des Pays les Moins
Développés. Ainsi, la première tâche au Népal
serait de libérer les vastes masses de l'étreinte féodale
et de développer l'industrie sur cette base.
En ce qui concerne le fait de développer le capitalisme au Népal,
il n'y a pas besoin d'y avoir de quelconque objection de la part des
révolutionnaires, tant qu'il s'agit de capitalisme national et
qu'il est correctement contrôlé afin de satisfaire les
besoins des masses, et est dirigé vers la croissance de l'économie
interne et non pas pour les exportations ou pour servir les impérialistes.
Mais si les encouragements sont pour l'afflux de capital étranger,
cela sera au détriment des intérêts du pays sur
le long terme. Le capital étranger commencerait à contrôler
l'économie du Népal même si Maoïstes sont les
principaux partenaires du gouvernement, comme il l'a fait jusque-là.
Les Maoïstes doivent encourager le capital local et aider sa croissance
tout en éliminant graduellement le capital étranger. A
la fois Prachanda et Monsieur Bhattarai ont eu un meeting avec des businessmen
sous l'égide de la Fédération des Chambres du Commerce
et des Industries du Népal dès que les résultats
[des élections] sont devenues clairs. Il y a de la pression de
la part des businessmen pour un environnement ouvert aux investissements,
la maximisation des profits, des réformes des impôts, de
nouvelles lois pour un travail flexible et une politique industrielle
positive. De par le passé, les Maoïstes se sont opposés
aux institutions privées dans les secteurs de la santé
et de l'éducation. Mais maintenant Prachanda a promis que le
partenariat privé – public sera encouragé dans les
secteurs de la santé et de l'éducation. Monsieur Bhattarai
a promis d'enlever tout obstacle qui pourrait survenir dans le secteur
privé.
Nous avons entendu des compte-rendus de discussions entre les dirigeants
maoïstes et les officiels de la Banque Mondiale. Si ces compte-rendus
sont vrais, cela pourrait avoir des conséquences dangereuses
sur le futur du Népal. Dépendre des investissements étrangers
directs et adopter une approche pragmatique vis-à-vis de l'industrialisation
au Népal au nom de dépasser le caractère arriéré
de l'économie du pays ne peut avoir que des résultats
contraires et renforcer la main-mise impérialiste et faire prévaloir
le caractère arriéré. L'aspect qui joue le rôle
clef pour le développement dans tout pays arriéré
n'est pas le capital, mais l'expansion du marché local. Cela
ne peut être réalisé qu'en élevant le pouvoir
d'achat des masses. Une fois que celui-ci grandit, il agit comme moteur
de développement industriel du pays.
Q: Comment envisagez-vous les futures relations fraternelles
entre votre Parti et le PCN(M)? Vu le fait que l'Etat indien ne veut
pas que les Maoïstes du Népal maintiennent leurs relations
avec les Maoïstes indiens, et les demandes du Madhesi Janadhikar
Forum à ce sujet sont une indication claire de la pression indienne
grandissante, est-ce que les relations fraternelles entre les deux Partis
continueront comme avant?
Azad: Nous croyons et désirons que les relations fraternelles
entre le PCI (Maoïste) et le PCN (Maoïste) doivent continuer
comme avant. Tant que les deux Partis restent fermement engagés
dans l'internationalisme prolétarien, les pressions internationales
et internes ne joueront aucun rôle. Évidemment, il y a
lieu de tenir compte de la pression grandissante de différents
endroits pour que les Maoïstes du Népal coupent leurs relations
avec les autres partis maoïstes. En particulier, l'Inde et les
USA vont exercer la pression la plus grande à ce sujet.
Nous comprenons la complexité de la situation. Toutefois, nous
devons garder à l'esprit que chaque Parti Communiste est un détachement
du prolétariat mondial. Et tout parti prolétarien placera
ses intérêts nationaux de manière subordonnée
aux intérêts du prolétariat mondial. Le camarade
Prachanda a correctement dit que les liens idéologiques entre
les deux Partis resteront intacts. Et nous croyons que les débats
idéologiques et les discussions continueront.
Les différents forums internationaux, comme le CCOMPOSA, devraient
continuer avec leurs objectifs et leurs activités, malgré
la nouvelle situation qui s'est développée. A côté
de cela, nous continuerons à renforcer les liens de peuple à
peuple entre nos deux pays, et à nous opposer à toute
forme d'interférence et de domination du Népal par les
expansionnistes indiens. Nous ferons la promotion de la solidarité
en faveur du peuple et de la révolution au Népal à
grande échelle parmi le peuple indien. Tout cela est notre devoir
relevant de l'internationalisme prolétarien. Nous attendons la
même chose de la part de nos camarades du Népal.
Q: Qu'avez-vous à dire au sujet des commentaires du camarade
Prachanda dans son interview à The Hindu comme quoi «pour
le parti maoïste indien, ses dirigeants et ses cadres, les efforts
de notre part fournissent un nouveau matériel à étudier,
pour réfléchir et avancer d'une nouvelle manière.
Nos efforts fournissent un point de référence.»
Azad: En tant que marxistes, nous devons étudier de manière
critique tout phénomène, en particulier les nouvelles
expériences. Pour autant, nous ne devons pas en arriver à
des conclusions hâtive, et prudemment observer ce qui ressort
de tels efforts. Tout cela doit être évalué à
partir d'un point de vue de classe et non pas avec une approche a-classiste.
Le marxisme est une science et il donne les outils pour analyser tous
les phénomènes sociaux de manière scientifique.
C'est ce que nous devons faire pour le Népal ou pour toute autre
expérience. Evidemment, nous avons déjà de nombreux
précédents historiques, et cela aussi devrait être
être considéré, et l'expérience au Népal
vue comme un élément de cela, et non pas de manière
isolée.
Q: Y a-t-il finalement quelque chose que vous aimeriez dire
au peuple du Népal et au PCN(M)?
Azad: Notre Parti, le PCI (Maoïste), envoie ses salutations
révolutionnaires au nom de notre Comité Central, de l'ensemble
des membres, et du peuple de l'Inde, au PCN (Maoïste) et le peuple
du Népal, pour leur rejet catégorique de la domination
monarchique et des partis compradores-féodaux, par le moyen des
élections à l'Assemblée Constitutante.
Nous souhaiterions leur faire passer le message que la vraie bataille
pour la transformation de leurs vies et de la vie du Népal commence
maintenant. Un manque de vigilance, même pour un instant, pourrait
coûter cher aux Maoïstes comme au peuple du Népal,
alors que des vautours dans le pays et en-dehors n'ont qu'un seul objectif,
celui de maintenir l'ordre social existant, étant en même
temps impatient de détruire les acquis obtenus par le peuple
et les Maoïstes.
Nous aimerions rappeler au PCN(M) et au peuple du Népal qu'ils
doivent bien avoir à l'esprit l'avertissement que nous avions
donné en novembre 2006 quand ils ont décidé de
devenir une composante du gouvernement intérimaire. Je répète
ce que nous avions dit alors:
«L'accord entre les Maoïstes pour faire partie du gouvernement
intérimaire ne peut pas transformer le caractère réactionnaire
de la machine d'Etat qui sert les classes dominantes exploiteuses et
les impérialistes. L'Etat peut être l'instrument dans les
mains soit des classes exploiteuses soit du prolétariat mais
il ne peut pas servir les intérêts des deux, ceux-ci s'affrontant
complètement. C'est le principe de base fondamental du Marxisme
qu'aucun changement de base du système social ne peut être
amené sans destruction de la machine d'Etat. Des réformes
d'en haut ne peuvent amener aucun changement qualitatif dans le système
social exploiteur, quel que soit la manière dont on pourrait
considérer comme démocratique la nouvelle Constitution,
et même si les Maoïstes deviennent une composante importante
du gouvernement. C'est une complète illusion que de penser qu'un
nouveau Népal pourrait être construit sans détruire
l'Etat existant.»
Notre Parti espère que le PCN(M) prendra en considération
notre conseil fraternel et nous espérons et considérons
sincèrement que le PCN (Maoïste) continuera la lutte des
classes pour réaliser la libération réelle du Népal
de l'impérialisme, du féodalisme, de l'expansionnisme
indien, et avancera vers le socialisme et le communisme. Il n'y a pas
d'autres voies que celle de continuer la guerre populaire pour réaliser
l'objectif mentionné, comme il est impossible de mener une transformation
essentielle dans le système social par une coalition de forces
comme celle qui a pris le pouvoir dans la conjoncture actuelle.
Notre Parti ménera une lutte sans compromis contre les machinations
et les plans expansionnistes, les interventions, les contraintes et
les actes de subversion au Népal des classes dominantes indiennes,
et assurons que nous nous tiendrons fermement aux côtés
du PCN(M) et du peuple du Népal dans leur lutte pour la véritable
liberté et l'indépendance. Sur le long terme il n'y a
que la victoire de la révolution en Inde qui peut assurer l'égalité
réelle et le respect mutuel entre les deux pays. Et notre Parti
augmentera ses efforts pour faire avancer la révolution dans
notre pays, jusqu'à sa victoire finale.